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Ravitailleurs: EADS défend ses "chances" mais cherche toujours un partenaire

Mercredi 21 Avr 2010 à 11:10

Le président exécutif du groupe européen EADS Louis Gallois a jugé mercredi avoir "des chances de gagner" dans la compétition des ravitailleurs américains, mais a souligné qu'il était indispensable de trouver un partenaire américain pour concourir.

EADS, la maison mère d'Airbus, avait annoncé mardi soir son intention de concourir face à Boeing dans la course au méga-contrat des avions ravitailleurs pour l'armée américaine.

"Pourquoi on y va ? Parce qu'on a des chances de gagner", a déclaré mercredi Louis Gallois devant des journalistes, alors qu'il était interrogé sur le scepticisme de nombreux analystes sur les chances de son groupe.

"Nous avons un produit qui est le meilleur, qui existe, et nous avons en face de nous un avion moins capable qui n'existe pas", a-t-il jugé, qualifiant l'offre de Boeing de "vue d'artiste".

Mais il a confirmé son jugement selon lequel l'appel d'offres du Pentagone pour ce contrat de 35 milliards de dollars "est taillé plutôt pour un avion plus petit que le nôtre", ce qui avantage l'avion de Boeing au détriment de l'Airbus A330 militarisé proposé par EADS.

Par ailleurs, "le prix sera une question décisive", a-t-il estimé.

M. Gallois a souligné qu'il reste un "élément indispensable" pour la candidature d'EADS, qui est de trouver un partenaire industriel majeur aux Etats-Unis pour réaliser certaines pièces sensibles du ravitailleur.

"Il faut que l'on trouve un partenaire qui nous apporte des éléments sensibles et les intègre dans l'avion", a souligné M. Gallois lors d'un débat organisé par l'Association des journalistes économiques et financiers (AJEF).

"Nous sommes en discussion avec certaines entreprises pour jouer ce rôle de partenaire", a-t-il confirmé.

M. Gallois n'a pas voulu citer de nom mais EADS avait notamment discuté avec les groupes américains Raytheon et L-3 ou encore la branche américaine du britannique BAE Systems.

En mars, l'ex-partenaire d'EADS sur ce programme, l'Américain Northrop Grumman, avait jeté l'éponge, estimant que la dernière version de l'appel d'offres était biaisée en faveur de Boeing.

Le partenaire que recherche désormais EADS n'aura pas un rôle aussi important qu'avait Northrop, qui devait être le primo-contractant du Pentagone pour le contrat. EADS doit désormais assurer lui-même ce rôle de maître d'oeuvre.

M. Gallois a reconnu que le calendrier pour monter une offre est désormais "très serré" malgré le délai de 60 jours accordé par le Pentagone à EADS pour déposer un dossier.

Il a confirmé son intention d'installer la chaîne d'assemblage du ravitailleur et des A330 cargo civils aux Etats-Unis, à Mobile (Alabama), en cas de victoire.

"Nous créerons au moins autant d'emplois aux Etats-Unis que l'offre de Boeing", a tenu à souligner M. Gallois.

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