L'activité dans la zone euro a stagné au 4e trimestre, selon des chiffres révisés à la baisse mercredi, illustrant les difficultés de l'économie européenne à la fin de l'année dernière même si la situation devrait s'être redressée début 2010, soulignent les économistes.
L'office européen des statistiques Eurostat a revu à la baisse ses deux précédentes estimations pour le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro. Il tablait jusqu'à présent sur une croissance de 0,1% au quatrième trimestre, déjà en net ralentissement après une augmentation du PIB de 0,4% au troisième trimestre, où la zone euro était sortie de la récession.
"La révision en baisse des chiffres du PIB au quatrième trimestre dans la zone euro sert de piqûre de rappel de la fragilité de la reprise" économique, a souligné Jennifer McKeown, de Capital Economics.
Ces chiffres "mettent en évidence que la région connaît toujours des conditions économiques et financières très difficiles", a commenté de son côté Howard Archer, économiste chez IHS Global Insight.
Dans le détail, les exportations ont progressé de 1,9% au quatrième trimestre, moins vite qu'au troisième trimestre (+2,9%). La hausse des importations a également ralenti, à +1,3% après également +2,9% au troisième trimestre.
Les investissements pour leur part ont baissé davantage (-1,3% après -0,9% au 3e trimestre). C'est un recul plus fort que prévu par Eurostat, qui donnait jusqu'ici une baisse de 0,8% sur le trimestre.
La consommation des ménages est restée inchangée (après -0,1% au 3e trimestre).
Cependant, les signes de redressement de la situation début 2010 se sont multipliés dernièrement, laissant espérer une croissance encourageante au premier trimestre.
Ainsi, l'activité privée dans la zone euro s'est notamment redressée encore plus que prévu en mars, enregistrant sa plus forte croissance en deux ans et demi, selon une deuxième estimation de l'indice PMI composite publiée mercredi.
Cet indice, basé sur une enquête auprès des directeurs d'achats des secteurs manufacturiers et des services, a progressé de 2,2 points comparé à février, pour atteindre 55,9 points. C'est 0,4 point de plus que prévu dans une première estimation.
"L'indice PMI composite final pour la zone euro de mars suggère que, malgré les retards engendrés par les mauvaises conditions climatiques dont ont souffert certaines régions, il est probable" que la croissance "se situera aux alentours de 0,4%-0,5% pour le premier trimestre" 2010, a estimé Chris Williamson, économiste chez Markit, qui publie le PMI.
"Les derniers chiffres et enquêtes publiés pour la zone euro laissent attendre un clair retour à la croissance au premier trimestre 2010", souligne également Howard Archer.
Pour Jennifer Mc Keown, la croissance pourrait atteindre 0,7% sur le trimestre.
Cependant, les efforts nécessaires de réduction des déficits dans la zone euro "vont peser lourdement sur la croissance à l'avenir, particulièrement bien sûr dans les économies de la périphérie", c'est-à-dire celles de l'Europe méditerranéenne qui connaissent les plus grosses difficultés budgétaires, comme la Grèce, l'Espagne ou le Portugal, met-elle en garde.