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Grèce: Papandréou dit venir chercher du soutien à Berlin, pas de l'argent

Vendredi 05 Mar 2010 à 08:43

Le Premier ministre grec Georges Papandréou, attendu à Berlin ce vendredi, a assuré dans la presse allemande qu'il venait chercher "le soutien" de son homologue Angela Merkel, pas de l'argent, et affirmé que les Grecs n'étaient pas plus corrompus que les Allemands nazis.

"Nous ne demandons pas d'argent", a déclaré M. Papandréou au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, "ce dont nous avons besoin c'est un soutien de l'Union européenne et de nos partenaires, pour pouvoir contracter des crédits sur les marchés à de meilleures conditions".

"Si nous ne recevons pas cette aide, nous ne pourrons pas mettre en oeuvre les changements que nous envisageons", a-t-il ajouté.

Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, estime pour sa part que la Grèce "va encore devoir payer pendant longtemps des taux d'intérêt élevés" pour se refinancer sur les marchés.

"Seulement quand les marchés financiers auront compris qu'il y a une solidarité européenne qui peut être activée", alors les conditions de crédit de la Grèce se détendront, a expliqué M. Juncker à la radio allemande Deutschlandfunk. A l'heure actuelle, "les marchés n'ont pas intégré" cette dimension, selon lui, mais "je compte que les marchés vont en prendre note".

M. Juncker ne pense pas qu'une aide financière de ses partenaires européens à la Grèce sera nécessaire, a-t-il déclaré, "mais on ne peut pas l'exclure".

La Grèce, qui se débat dans de gros problèmes budgétaires et croule sous le poids de sa dette, ne veut pas être "le Lehman Brothers de l'Union européenne", a indiqué son Premier ministre au Frankfurter Allgemeine Zeitung, en référence à la banque américaine dont la faillite en septembre 2008 a secoué les marchés et précipité une crise financière et économique sans précédent.

M. Papandréou devait rencontrer en fin d'après-midi la chancelière allemande, une visite qui retient toute l'attention des marchés financiers même si Mme Merkel a assuré qu'elle aurait simplement pour objet "les bonnes relations entre la Grèce et l'Allemagne".

Le chef du gouvernement grec s'est insurgé contre l'image renvoyée par la presse allemande, qui suggère que les Grecs attendent une aide financière de l'Allemagne. Le quotidien le plus lu d'Allemagne Bild est en outre parti en campagne contre le gaspillage et la corruption en Grèce.

"Nous n'avons pas demandé au contribuable allemand (...) de nous payer nos vacances et nos retraites, affirmer cela est injuste", s'emporte M. Papandréou. "Et les Grecs n'ont pas la corruption dans les gènes, tout comme les Allemands n'ont pas le nazisme dans les leurs", ajoute-t-il.

Certaines personnalités grecques avaient mis en rapport la misère économique grecque actuelle et les dégâts causés par la deuxième guerre mondiale dans le pays, renvoyant la responsabilité à l'Allemagne. Pour M. Papandréou, mettre les deux choses en rapport n'est "pas à l'ordre du jour.

Il estime toutefois que la question des réparations de l'Allemagne est "une question en suspens", alors que Berlin a indiqué la semaine dernière que le sujet était clos depuis des années.

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