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La SNCF et le gouvernement tentent de désamorcer la polémique sur le TGV

Mardi 19 Jan 2010 à 19:03

Le président de la SNCF et le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau se sont employés mardi, sans y réussir complètement, à désamorcer la polémique sur un éventuel plan de suppression de lignes TGV dans le Nord-Est de la France

Présent à Strasbourg pour la signature avec la Région d'une convention d'exploitation du TER, Guillaume Pepy a affirmé qu'"il n'y a pas aujourd'hui de décision prise de plan de réduction des dessertes".

"Je le redis pour que les choses soient claires et je n'en parlerai plus pour ne pas nourrir le débat dans la campagne électorale: il n'y a pas de plan de suppression de lignes et donc pas de polémique sur ce sujet", a-t-il insisté.

Dominique Bussereau a de son côté assuré que le gouvernement s'opposerait à toute suppression de lignes TGV, mardi lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale.

"Il n'y a pas de volonté du gouvernement, il n'y aura donc pas de décision d'entreprise de supprimer ces dessertes", a-t-il répondu à la question d'une député.

Sur RTL, il avait déclaré: "J'ai trouvé le démenti de la SNCF un peu mou, donc je dis les choses clairement".

Le quotidien Les Echos avait annoncé lundi que la SNCF pourrait supprimer certaines dessertes déficitaires ou en réduire les fréquences, citant notamment les axes Paris-Arras, Lille-Strasbourg, Nantes-Strasbourg, Bordeaux-Strasbourg.

Aussitôt, la classe politique de droite comme de gauche, en Alsace comme en Lorraine ou en Franche-Comté, s'était soulevée pour protester contre ce plan.

La SNCF démentait dès lundi soir avoir déjà décidé la suppression de certaines lignes de TGV ou la réduction de la desserte à la fin de l'année face à la baisse de la rentabilité des lignes à grande vitesse.

"La réalité, a ajouté mardi M. Pepy, c'est que la SNCF comme toute entreprise de transport est à l'écoute des usagers, des élus et de ce que dit l'économie pour adapter chaque année ses services".

Selon lui les lignes reliant Strasbourg à Lille ou à Nantes "sont en pleine montée en puissance".

Rappelant que 800 TGV circulent quotidiennement, il a souligné que les dessertes TGV devaient accuser une hausse de 1% pour cette année.

Le président UMP du Conseil régional d'Alsace André Reichardt qui avait évoqué la veille un "casus belli" s'est voulu plus rassuré mardi. "Mais il n'est pas possible qu'on puisse accepter une réduction ou une suppression des dessertes", a-t-il martelé devant la presse.

Lundi, Fabienne Keller, sénatrice UMP du Bas-Rhin et ancienne maire de Strasbourg, avait exprimé "sa colère" et le sénateur-maire socialiste Roland Ries parlait d'un "mauvais coup" pour Strasbourg l'Européenne.

En Lorraine, le président (PS) de la Région, Jean-Pierre Masseret a clairement menacé: "si la suppression de liaisons TGV se confirme, la Lorraine suspendra le financement de 120 millions d'euros de la 2e phase de la ligne à grande vitesse (LGV) Est Européenne".

Le dernier tronçon du TGV Est, les 103 km entre Baudrecourt (Moselle) et Vendenheim (Bas-Rhin), doit être mis en chantier cette année.

Dans un communiqué, M. Masseret a refusé "que la Lorraine soit l'otage de négociations financières entre Réseau Ferré de France (RFF) et la SNCF, sous l'égide du gouvernement", demandant une réunion "exceptionnelle" du comité de suivi TGV à Metz, en présence de Dominique Bussereau.

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