Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer s'est montré mercredi "optimiste" pour la croissance française tout en estimant que les politiques de relance devaient être poursuivies par les Etats et les banques centrales.
"Pour l'instant, c'est la fin de récession", a-t-il estimé sur Europe 1, tout en soulignant qu'il fallait rester "très prudent".
"Je suis optimiste fondamentalement, mais tant que le chômage ne s'est pas inversé, les choses restent très fragiles et il faut être très vigilant", a-t-il déclaré.
Le gouverneur de la Banque de France a jugé que la France était actuellement "sur une pente de croissance de +0,3% par trimestre, c'est-à-dire environ 1% par an".
La situation reste "encore fragile. C'est pourquoi il faut continuer à soutenir les économies", a souligné M. Noyer, ajoutant que "tous les Etats du G20, de même que les banques centrales, sont décidés à continuer leur politique de soutien économique".
Après quatre trimestres consécutifs de chute du PIB, l'économie française est sortie de la récession au deuxième trimestre 2009, avec une progression du PIB de 0,3%.
Alors que l'euro a atteint mardi son plus haut niveau depuis neuf mois à 1,45 dollar, M. Noyer a indiqué qu'il restait " très vigilant" sur la stabilité monétaire. "Il est très important que les devises restent stables les unes par rapport aux autres (...) pour le calme et la reprise économique mondiale", a-t-il rappelé.
M. Noyer a de nouveau demandé aux banques de respecter leurs engagements en matière de crédits.
"Je leur demande d'être très allantes sur le crédit. C'est absolument capital pour assurer la reprise économique. Il faut que toutes nos entreprises puissent trouver du crédit à chaque fois qu'elles en ont besoin", a martelé M. Noyer.
Le gouverneur de la Banque de France, à quelques jours du sommet du G20 à Pittsburg (Etats-Unis), a réitéré son soutien à la fin du secret bancaire.
"Je suis d'accord complètement. Oui, il faut qu'il n'y ait plus de territoires qui échappent à la règlementation et à la transparence", a-t-il déclaré, tout en estimant qu'on avait fait "des progrès considérables" en matière de régulation financière.
Le ministre du Budget, Eric Woerth, a demandé mardi aux banques établies en France de coopérer pour permettre au fisc d'obtenir plus facilement des renseignements sur les transferts de capitaux à destination des paradis fiscaux.