Les marchés européens sont baisse, pénalisés par les secteurs bancaires et automobiles. Le premier recule suite à la perte surprise de Royal Bank of Scotland et le second après la dégradation des notes de crédit de Peugeot dans la catégorie « junk ». Ces nouvelles poussent les investisseurs à prendre leurs bénéfices sur les valeurs qui ont bien progressé ces derniers jours. La prudence est également de mise avant les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis. Les valeurs défensives sont donc favorisées. Vers 12h20, le CAC 40 perd 1,07% à 3440,46 points et le FTSE Eurotop 100 1,12% à 1982,29 points.
A Londres, Royal Bank of Scotland chute de 12,35% à 46,80 pence après avoir publié une perte de 1,4 milliard de livres sterling (1,2 milliard d'euros) au titre du premier semestre. L'an dernier, RBS avait enregistré une perte de 827 millions de livres. Une surprise pour les marchés, qui tablaient en moyenne sur un bénéfice de 1,1 milliard de livres selon le consensus de Bloomberg. Ces mauvais résultats s'expliquent par le fait que l'établissement britannique a d- passer des charges de 7,52 milliards de livres en raison de créances douteuses.
A Paris, Peugeot (- 7,77% à 20,725 euros) affiche la plus forte baisse de l'indice CAC 40, victime de l'abaissement de ses notes de crédit en catégorie spéculative ou « junk » par Standard & Poor's. L'agence de notation ne prévoit plus de rebond du marché automobile européen en 2010, ce qui, en raison de la forte exposition du constructeur à cette zone géographique, devrait continuer de peser sur sa rentabilité déjà faible. Cette annonce met un coup d'arrêt brutal à l'accélération haussière du titre provoquée fin juillet par la publication de ses résultats semestriels.
A contrario, France Télécom gagne 2,63% à 17,55 euros grâce à JPMorgan qui a relevé sa recommandation de Neutre à Surpondérer et son objectif de cours de 19,50 à 21,30 euros. Le broker rappelle qu'il était prudent à l'égard de la valeur depuis 12 mois en raison du potentiel de baisse du consensus de marge. Il estime que le consensus prend désormais en compte les facteurs potentiellement défavorables. « FT n'a jamais été une valeur de croissance. La perspective d'une meilleure résilience de la marge est le principal moteur de l'action », explique l'analyste.
Les chiffres macroéconomiques
La production industrielle allemande a reculé de 0,1% en juin à la surprise des économistes interrogés par Reuters qui anticipaient en moyenne une augmentation de 0,7%. Le chiffre de mai a été révisé de +3,7% à +4,3%.
Le déficit commercial français s'est creusé à 4,008 milliards d'euros en juin, après 3,137 milliards d'euros en mai.
Les investisseurs attendent désormais à 14h30 les chiffres du marché de l'emploi au mois de juillet aux Etats-Unis : taux de chômage et variation du nombre de salariés non agricoles.
A la mi-séance, l'euro cote 1,4357 face au billet vert.
AOF - EN SAVOIR PLUS
LEXIQUE
Junk bonds : Littéralement, ce terme signifie "obligations pourries". Ce sont des obligations spéculatives, à haut risque, émises par des sociétés considérées comme de mauvais emprunteurs. En contrepartie du risque, ces obligations offrent des rendements inégalables sur le marché des obligations classiques. Elles correspondent par ailleurs aux notes d'émetteur les plus basses dans les agences de notation.
Free Cashflow : Terme anglais fréquemment utilisé à la place de " flux de trésorerie disponible après impôt ". Il s'agit du flux de trésorerie (l'apport de liquidités) issu de l'activité de l'entreprise, diminué des charges d'imposition. Le free cashflow représente en fait les liquidités disponibles pour rembourser les emprunts contractés par l'entreprise ou pour rémunérer ses actionnaires.