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La valeur du jour à Paris - CIMENTS FRANCAIS : un grain de sable

Lundi 22 Jun 2009 à 11:15

En repli de 4,40% à 53,90 euros, Ciments Français signe l'une des plus mauvaises performances du SRD, pénalisé par le report de la décision définitive sur sa fusion avec sa maison-mère ItalCementi. Le processus de fusion est bloqué par des créanciers américains du français. Ces derniers sont en désaccord sur les termes du projet de rapprochement. Des discussions sont en cours et une réunion prévue au plus tard le 26 juin doit donner la nouvelle date de fusion. Selon Fortis, ce retard n'est qu'une péripétie qui ne remet pas en cause la fusion. En effet, l'AMF a déjà donné son feu vert.

Les investisseurs institutionnels américains responsables du report ont souscrit des titres de créance (notes) émis par Ciments Français en 2002 et 2006 pour un montant total de 500 millions de dollars.

"Les sociétés et les noteholders sont en désaccord sur l'interprétation des clauses contractuelles relatives à la possibilité de réaliser ou non la fusion sans l'accord préalable desdits investisseurs", ont précisé les deux groupes.

"La suspension de la décision définitive par les conseils a pour but de vérifier s'il est possible ou non de parvenir à une solution acceptable qui soit conforme aux objectifs de la fusion", ont-ils ajouté.

Ciments Français a rappelé que l'AMF avait confirmé par une décision en date du 15 mai 2009 que la mise en oeuvre d'une offre publique de retrait (OPR) visant les actions Ciments Français ne sera pas requise préalablement à la réalisation de la fusion.

Les dirigeants d'Italcementi, qui détiennent actuellement environ 82% de Ciments Français, avaient menacé de ne pas procéder à la fusion si l'AMF les obligeait à déclencher une OPR.

Par ailleurs, pour s'assurer les suffrages des actionnaires hostiles à la fusion, Ciments Français avait annoncé la distribution d'un dividende exceptionnel de quatre euros par action. Certains actionnaires minoritaires exigeaient en effet une meilleure parité ou un versement en numéraire.

Italcementi, détenteur de 82% du capital du cimentier français, a proposé le 16 février dernier aux minoritaires d'échanger chacun de leur titre contre 8,25 actions Italcementi. La parité offrait une prime de 12,9% par rapport aux moyennes trois mois calculées en date du 13 février.

«Cette offre semble, à NOS yeux, très peu attractive pour les actionnaires minoritaires de Ciments Français», avait commenté à l'époque Credit Suisse. D'après une source de marché, certains investisseurs espéraient une offre en cash représentant une prime d'environ 40% sur le cours de clôture du titre la veille du jour de l'annonce de l'opération.

(P-J.L)

AOF - EN SAVOIR PLUS

Activité de la société

Ciments Français est la deuxième société cimentière cotée à la Bourse de Paris. Depuis 1992, la société est filiale (à hauteur de 75 %) de l'italien Italcementi Group, cinquième cimentier mondial.

Réalisant 68 % de son chiffre d'affaires dans le ciment, la société est également présente dans les granulats et le béton prêt à l'emploi. Ciments Français a publié au titre de l'exercice 2006 un résultat net part du groupe de 502,3 millions d'euros, en hausse de 19,1%.

Dans le cadre du programme d'intégration verticale des activités aval du secteur ciment du groupe, Ciments Français a acquis deux sociétés américaines en 2007.

Les points forts de la valeur

- Ciment Français bénéficie d'une des meilleures rentabilités opérationnelles du secteur en Europe.

- Le groupe est prompt à nouer des partenariats ou à opérer des rachats pour se développer sur l'ensemble des marchés, et notamment émergents.

- Le groupe profite d'une clientèle fortement diversifiée, ce qui limite le risque clients.

- Ciments Français souhaite se développer, à partir de sa position de leader en Egypte, au Proche-Orient, zone géographique très intéressante. Le groupe envisage également d'accroître sa présence en Inde, qui constitue un marché stratégique.

Les points faibles de la valeur

- Le groupe est pénalisé par sa taille limitée à l'échelle nationale et par une moindre présence dans certains pays émergents par rapport à ses concurrents, alors que ces pays sont une priorité stratégique pour les cimentiers.

- Le faible flottant de Ciments Français (13 % du capital) limite l'attrait du titre auprès des investisseurs. Notons qu'Italcementi procède régulièrement à des achats de titres sur le marché et pourrait donc racheter sa filiale.

Comment suivre la valeur

- Les groupes de matériaux sont dépendants de l'activité de la construction, fortement cyclique. A ce titre, leur activité est soumise à l'évolution du nombre des permis de construire et des mises en chantiers, qui sont eux-mêmes influencés par la conjoncture économique, le niveau des taux d'intérêts (coût du crédit) ou encore le climat.

- Traditionnellement, l'activité du groupe est plus forte au second semestre, les six premiers mois de l'année étant généralement consacrés à la maintenance des activités.

- Il faut également porter une attention particulière à l'évolution du prix de l'énergie, laquelle représente 30 à 35 % des coûts de production du ciment.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Construction - Matériaux

Selon Moody's la crise de l'immobilier devrait générer une baisse de la demande mondiale de ciment entre 5% et 10%, en 2009. Cette tendance inciterait les entreprises à se livrer à une guerre des prix. Comme le souligne l'agence de notation, certains acteurs souffrent d'un endettement trop conséquent du fait d'acquisitions. Ainsi Lafarge, qui a racheté Orascom, supporte une dette nette représentant 1,15 fois ses fonds propres. Face à une situation financière très tendue, il est devenu urgent pour certains groupes d'être recapitalisés. Saint-Gobain et Lafarge ont décidé de lever chacun 1,5 milliard d'euros en Bourse. A cela s'ajoute une politique de réduction des coûts : aux 400 millions de réductions de coûts dégagées l'an passé, Saint-Gobain va ajouter 600 millions d'euros. Lafarge prévoit, lui, 200 millions d'économies en 2009, contre 120 millions prévus initialement dans le cadre du programme Excellence 2008. Aucune acquisition n'aura lieu en 2009, pour Saint-Gobain, alors que Lafarge va réduire de 40% ses investissements.

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