Oracle perd 1,89% à 18,70 dollars après l'annonce du rachat surprise de Sun Microsystems pour 5,6 milliards de dollars en numéraire. Le titre du spécialiste des serveurs informatiques haut de gamme s'envole de 35,87% à 9,09 dollars et se rapproche des 9,50 dollars offerts par l'éditeur de logiciels professionnels. La concentration du secteur des serveurs attendue par les analystes en raison de la crise n'aura donc pas lieu. Le numéro un mondial IBM a renâclé sur le prix à payer pour racheter Sun et le spécialiste des réseaux Cisco Systems a annoncé son entrée sur le marché à la mi-mars.
En prenant en compte le cash et la dette de Sun Microsystems, l'addition s'élève à 7,4 milliards de dollars pour la firme de Larry Ellison. Le conseil d'administration de Sun Microsystems a approuvé l'opération à l'unanimité.
« Nous nous attendons à ce que cette acquisition soit relutive d'au moins 15 cents par action, hors éléments exceptionnels, la première année après sa finalisation », a déclaré Safra Catz, président d'Oracle. Sun devrait contribuer à hauteur de plus d'1,5 milliard de dollars au résultat opérationnel, hors éléments exceptionnels, et de plus de 2 milliards, la seconde année.
Outre une part de marché de près de 10% dans les serveurs informatiques, Oracle s'empare du langage de programmation informatique Java et du système d'exploitation Solaris utilisé par les bases de données d'Oracle, principale activité de la firme américaine.
Depuis l'explosion de bulle Internet en 2001, Sun Microsystems n'a jamais pu inventer un modèle d'activité rentable dans un marché très compétitif. La crise actuelle lui aura donné le coup de grâce en raison de son exposition aux sociétés financières.
AOF - EN SAVOIR PLUS
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Informatique - Editeurs de logiciels
Le « Cloud Computing » modifie considérablement le modèle économique des éditeurs. Ce concept consiste pour l'entreprise à s'abonner à des services en ligne au lieu de conserver ses logiciels dans ses centres de données. Ce concept est assimilé au « Software as a Service » (SaaS) qui est très prisé par les entreprises car il leur permet de réduire significativement leurs coûts informatiques. Selon le cabinet américain Gartner, le SaaS devrait progresser de 27% entre 2007 et 2008. L'offre récemment lancée par Microsoft, nommée « Windows Azure », un accès en ligne à sa suite Office (qui contient les logiciels Word, Excel, Powerpoint et Exchange) va dans ce sens. Elle souligne la nécessité pour le leader mondial de s'adapter à la nouvelle donne alors que sa réussite a été basée sur un contrat de licence pour chaque utilisateur. Windows Azure devra se confronter aux offres développées par Google, Salesforce.com, Amazon, IBM et HP.