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Obama est prêt à aider l'automobile, contre une restructuration "drastique"

Jeudi 26 Mar 2009 à 23:45

Le président Barack Obama a signalé jeudi qu'il était prêt à mettre plus d'argent pour sauver l'industrie automobile américaine de la faillite, mais a réclamé en retour une restructuration "douloureuse" et "drastique", à l'approche d'une échéance capitale.

Selon son porte-parole Robert Gibbs, M. Obama pourrait annoncer lundi, avant son départ pour l'Europe mardi, ses dispositions concernant le géant de l'automobile General Motors et son concurrent Chrysler, alors que se profile le 31 mars, date à laquelle les constructeurs sont censés avoir soumis des plans de restructuration profonde en contrepartie de l'aide de l'Etat.

M. Obama a affirmé la "nécessité de préserver l'existence d'une industrie automobile américaine", alors qu'il répondait à des questions du public à la Maison Blanche.

"Nous allons les aider", même si "je sais qu'aider les employés de l'automobile ou les constructeurs automobiles, ce n'est pas populaire", a dit M. Obama.

Mais cette aide "dépendra pour une grande part de leur volonté de procéder à des changements plutôt drastiques. Et certains (changements) vont être douloureux", a averti M. Obama qui a invoqué les erreurs de gestion des dirigeants du secteur et estimé que le modèle économique actuel de l'industrie automobile américaine était "intenable".

"Tout le monde devra faire des concessions, les actionnaires, les travailleurs, les créanciers, les fournisseurs, les concessionnaires", a-t-il prévenu.

Victimes de la chute des ventes dans le secteur et de leurs erreurs stratégiques, menacés de ne plus pouvoir honorer leurs créances, GM et Chrysler ont reçu à eux deux 17,4 milliards de dollars d'aides publiques depuis décembre. En contrepartie, ils se sont engagés dans un plan de restructuration devant assurer leur viabilité à long terme.

Mais GM et Chrysler viennent de réclamer respectivement 16,6 et 5 milliards de dollars de rallonge, faute de quoi ils pourraient être forcés de demander la protection de la loi sur les faillites.

Le troisième grand constructeur de Detroit, Ford, n'a pas demandé l'aide du gouvernement.

Les quelque 140.000 emplois chez GM et Chrysler ne sont pas seuls en jeu alors que le chômage vient d'atteindre un niveau record en 25 ans aux Etats-Unis. Avec les succursales et les sous-traitants, ce sont des millions d'emplois et l'avenir économique du Midwest qui sont menacés, disent les syndicats.

M. Obama a déjà dit son refus d'une liquidation de l'industrie automobile nationale, et a nommé, depuis son investiture, une mission qui a très peu de temps pour diriger une restructuration d'une ampleur considérable.

Selon le Wall Street Journal, les responsables de cette mission pourraient recommander à M. Obama de ne pas verser immédiatement une aide supplémentaire, mais de s'en servir comme moyen de pression. Ils devraient aussi soumettre un échéancier ferme de restructuration.

Le porte-parole de M. Obama, selon lequel le président possède à Chicago une voiture de marque américaine (une Ford Escape Hybrid), lui a laissé le soin de dire s'il accédait à la demande de près de 22 milliards supplémentaires et s'il écartait l'éventualité d'une mise en faillite.

M. Obama court un risque. Les Américains envisagent avec scepticisme les renflouements, a fortiori s'ils bénéficient à une industrie dont les salariés passent pour jouir d'avantages considérables. Le récent scandale AIG, le géant de l'assurance versant 165 millions de primes à ses salariés alors qu'il est sous perfusion de l'Etat, ne devrait pas avoir arrangé les choses. Beaucoup sont favorables à la mise en faillite pure et simple des constructeurs.

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