UBS connaît une hausse de 7,28% à 12,67 francs suisses à la bourse de Zurich. La banque suisse a annoncé aujourd'hui son intention de racheter des emprunts à hauteur d'un milliard d'euros au maximum. L'opération consiste à racheter des obligations dites «lower tier 2» en circulation. Les échéances de ces obligations sont comprises entre novembre 2015 et septembre 2019, et leur valeur notionnelle s'élève à 7 milliards de francs suisses. UBS puiserait dans les liquidités disponibles pour réaliser l'opération.
La banque helvétique espère ainsi tirer parti du fait que les titres se négocient actuellement à une valeur inférieure au prix d'émission. UBS pourrait profiter d'une décote maximale de 35% à 37,5%. Si la transaction se déroule comme prévu, elle devrait se traduire par une légère amélioration du ratio de fonds propres tier one.
La banque helvétique a par ailleurs annoncé qu'elle demandera à ses actionnaires d'approuver la création d'un capital conditionnel et d'un capital autorisé.
Le capital conditionnel, dont le montant pourrait atteindre un maximum de 10 millions de francs suisses, est lié à l'accord passé auprès de la Banque Nationale Suisse (BNS) dans le cadre de la reprise d'actifs toxiques par cette dernière.
UBS a en effet convenu d'émettre des options en faveur de la BNS qui ne peuvent être exercées que si la BNS devait subir une perte sur son prêt accordé au fonds. Le nombre d'actions UBS à émettre en cas d'exercice des options est de 100 millions. Le capital conditionnel permettrait à l'établissement de satisfaire rapidement ses obligations envers la BNS, si cela devait s'avérer nécessaire.
Le capital autorisé concernerait 29,3 millions de francs suisses et viserait à permettre à UBS d'obtenir plus de flexibilité afin de procéder à d'éventuelles levées de capitaux sur les marchés financiers. «Comme l'ont montré les événements de 2008, certains concurrents d'UBS ont pu lever des fonds plus rapidement qu'UBS et avec davantage de flexibilité en ce qui concerne le choix des instruments financiers, car ils disposaient de capital autorisé», écrit la banque dans un communiqué.
AOF - EN SAVOIR PLUS
LEXIQUE
tier 1 / tier 2 : Depuis 1988, on distingue pour les banques deux grandes catégories de fonds propres, le tier 1 et tier 2, classés en fonction du type de risque qu'ils peuvent compenser pour calculer le ratio de solvabilité de la banque. Le tier 1 concerne les fonds propres dits de base, (actions ordinaires et certificats d'investissement, intérêts minoritaires.), le tier 2 désignant les fonds propres complémentaires (plus values latentes, provisions, titres participatifs.). Il existe également un tier 3, pour les fonds propres de troisième catégorie, qui couvrent les risques de marché. La définition généralement acceptée est celle du Comité de Bâle pour la surveillance bancaire, institution créée par les différentes banques centrales dans le dessein d'harmoniser les méthodes d'analyse et d'internationaliser les normes bancaires.
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Finance - Banques
Le paysage bancaire mondial est en pleine reconfiguration. Les banques qui résistent le mieux à la crise, sont à l'aff-t d'opportunités pour consolider leur position. En Angleterre, très affectée par la crise financière, la banque HBOS, numéro un du crédit immobilier, a été reprise par Lloyds TSB, cinquième banque du pays pour 12,2 milliards de livres (environ 15,5 milliards d'euros). Cette opération devrait créer un géant national du crédit immobilier et de l'épargne, détenant près de 28% du marché britannique des prêts immobiliers. En Allemagne également le marché bancaire se consolide. Deutsche Bank a annoncé son entrée au capital de Postbank à hauteur de 29,75%. Auparavant, Commerzbank avait racheté Dresdner Bank. La deuxième banque privée du pays double ainsi de taille. Les Etats-Unis ne sont pas en reste. Merrill Lynch a été reprise par la première banque américaine, Bank of America. Quant à JPMorgan Chase, elle devient la deuxième banque commerciale américaine grâce à l'acquisition de Washington Mutual.