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Le ministre belge des Finances joue son poste dans le "Fortisgate"

Mercredi 11 Mar 2009 à 17:06

En pleine crise économique, le ministre belge des Finances Didier Reynders tente de sauver son poste face à des accusations venues des rangs de son propre gouvernement dans un scandale politico-judiciaire autour du sauvetage de la banque Fortis.

Le chef de file des libéraux francophones dans le gouvernement d'Herman Van Rompuy a dû une nouvelle fois démentir mercredi avoir bénéficié d'informations judiciaires confidentielles dans le dossier très sensible opposant l'Etat belge aux petits actionnaires de la plus grande banque du pays.

Baptisée "Fortisgate", l'affaire a entraîné la démission en décembre du Premier ministre, Yves Leterme, et du ministre de la Justice, Jo Vandeurzen.

A 55 ans, Didier Reynders avait alors réussi à conserver un portefeuille qu'il occupe sans interruption depuis 1999 et qui lui a donné une belle notoriété internationale.

Depuis plusieurs semaines, une commission d'enquête parlementaire tente toutefois de déterminer si le gouvernement, et en particulier les ministres Leterme, Vandeurzen et Reynders, ont eu connaissance à l'avance des décisions de justice dans le dossier Fortis. Et s'ils ont tenté de peser sur les procédures judiciaires, en violation du principe de la séparation des pouvoir.

"A aucun moment, mon chef de cabinet ou moi-même n'avons été au courant, au préalable, du contenu" d'une décision de justice, a assuré mercredi dans un communiqué M. Reynders, réitérant une ligne de défense exposée lundi devant la commission.

Les débats se concentrent sur un avis rendu le 6 novembre par le procureur du tribunal de commerce de Bruxelles concernant la validité du plan de sauvetage de Fortis échafaudé par le gouvernement, mais contesté par de nombreux petits actionnaires.

Mardi, plusieurs collaborateurs de ministres belges ont placé M. Reynders dans une position très inconfortable en suggérant que le chef de cabinet de Didier Reynders, Olivier Henin, semblait connaître la teneur de l'avis avant qu'il ne soit rendu.

Yves Leterme, un chrétien-démocrate flamand qui estime avoir payé injustement pour le scandale du Fortisgate, a lui aussi livré lundi cette version aux députés.

Tout se passe comme si, à trois mois d'élections régionales en juin, certains des rivaux politiques du ministre libéral avaient choisi de l'attaquer "avec juste ce qu'il faut de soupçons pour altérer son image mais avec suffisamment de retenue pour ne pas l'inciter à faire sauter le gouvernement", relève le journal La Libre Belgique.

M. Reynders a expliqué que, le 6 novembre, son chef de cabinet n'avait exprimé qu'une "inquiétude" sur "l'éventualité d'un avis négatif", à la suite d'une conversation téléphonique avec l'avocat de l'Etat, Christian Van Buggenhout.

"Au vu de l'attitude du substitut pendant les débats, je lui ai dit (à Olivier Henin, NDLR) -mais sans avoir aucune connaissance préalable du contenu- qu'on pouvait attendre un avis nuancé, voire négatif" pour l'Etat", a confirmé mercredi dans une lettre M. Van Buggenhout, en offrant à Didier Reynders une bouée qui devrait lui permettre de garder son poste.

Ce "maudit coup de fil ne vaut pas une crise", estime le quotidien Le Soir.

Les soucis du ministre des Finances interviennent au pire moment : le pays est englué dans une récession sans précédent depuis des décennies. Le FMI a prédit mardi que le produit intérieur brut (PIB) belge se contracterait de 2,5% en 2009.

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