Le titre American International Group connaît une hausse de 14,76% à 0,48 dollar dans un marché américain déprimé après l'annonce par le gouvernement américain d'une nouvelle opération de sauvetage. Ce plan, le troisième en l'espace de quelques mois, prévoit que le Trésor américain apporte 30 milliards de dollars supplémentaires à l'assureur en difficulté pour lui éviter la faillite. Cette nouvelle aide survient alors qu'AIG a présenté une perte nette de 61,7 milliards de dollars au quatrième trimestre, soit un total de près de 100 milliards de dollars sur l'ensemble de l'exercice.
La perte par action s'est élevée à 37,84 dollars sur l'exercice. Dans un communiqué, AIG a expliqué cette perte record par la «détérioration brutale des marchés du crédit et de provisions pour la restructuration en cours des activités».
L'aide gouvernementale annoncée aujourd'hui vient s'ajouter au précédent plan de sauvetage d'un montant de 150 milliards de dollars. Outre le versement de 30 milliards de dollars de liquidités supplémentaires à travers le plan TARP de soutien au secteur financier, le Trésor réduira la valeur d'un crédit «revolving» existant de 60 milliards de dollars à 20-25 milliards de dollars.
En échange, l'Etat recevra une participation en actions préférentielles dans American Life Insurance Company et American International Assurance Company, deux filiales du groupe.
EN SAVOIR PLUS
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Finance - Assurance
L'assurance-crédit protège les entreprises du risque de défaillance de leurs clients. Elle couvre environ le quart du crédit inter-entreprise domestique, soit à peu près 320 milliards d'euros. La crise actuelle provoque le développement des défaillances d'entreprises, ce qui incite les assureurs-crédit, tels que la Coface, à réduire leurs engagements sur les sociétés jugées risquées. Or l'impact sur la santé des pme est négatif, voire fatal. Le gouvernement a donc adopté un plan de soutien à l'assurance-crédit à travers la création de la Caisse centrale de réassurance (CCR), dont il est l'unique actionnaire. Cette société anonyme va intervenir pour maintenir la couverture des risques. Les encours garantis seraient maintenus, l'Etat prenant à sa charge la part refusée par l'assureur. Néanmoins la limite de ce plan réside dans le coût supplémentaire pour les plus petites entreprises puisque qu'elles devront d'abord payer un taux de surprime, lié à la garantie de l'Etat, de 1,2% des encours couverts, soit 0,4% du chiffre d'affaires. Cela correspond au double en moyenne du coût d'une assurance-crédit normale.