La majorité démocrate du Congrès américain a annoncé mercredi la conclusion d'un accord de principe sur le texte final du plan de relance de l'économie, activement soutenu par le président Barack Obama.
Cet accord, annoncé par l'influent sénateur Max Baucus, est un compromis entre le projet de loi voté par la Chambre des représentants le 28 janvier pour 819 milliards de dollars et celui adopté par le Sénat mardi pour 838 milliards de dollars.
Le compromis entre les deux assemblées porte sur un plan de relance de 789 milliards de dollars, a précisé M. Baucus en ajoutant que la conclusion de l'accord signifiait que les démocrates ont les voix nécessaires pour l'adoption du texte au Sénat.
L'annonce de l'accord est intervenue peu avant une réunion au sein d'une "conférence" bicamérale d'un petit groupe de 10 responsables parlementaires démocrates et républicains, destinée à faire la synthèse des deux textes.
Si l'accord est retenu au cours de la "conférence", les deux chambres devront ensuite approuver séparément le texte final. Les 10 membres de la "conférence" devaient se réunir à 15H00 locales (20H00 GMT).
"Il est très possible que la Chambre adopte sa version demain (jeudi) et nous voterons demain soir ou vendredi", a estimé le sénateur Baucus.
Le président Obama a de nouveau pressé le Congrès mercredi de finaliser d'urgence le plan de relance et de le lui soumettre pour promulgation d'ici à la fin de a semaine.
"Faire entrer ce plan en vigueur est tout à la fois urgent et essentiel", a déclaré M. Obama en déplacement à Springfield (Virginie, est), près de Washington.
De son côté, le secrétaire général de la Maison Blanche, Rahm Emanuel, a passé une partie de la nuit à discuter avec les parlementaires démocrates.
Le 28 janvier, les républicains de la Chambre avaient voté unanimement contre le plan de relance. Au Sénat, trois républicains seulement avaient accepté mardi de cautionner la version du Sénat qui comporte davantage d'allègements fiscaux.
L'opposition réclame plus de réductions fiscales, davantage de mesures de lutte contre la crise du logement et moins de dépenses publiques, notamment dans des projets d'infrastructure.
Dans le cadre de l'accord annoncé par M. Baucus, les trois sénateurs de l'opposition Susan Collins, Arlen Specter et Olympia Snowe devraient rester dans le giron de la majorité. Leur voix sont indispensables pour permettre aux démocrates du Sénat, qui contrôlent 58 sièges, d'atteindre le seuil des 60 voix nécessaires à l'adoption de la loi.
Mercredi, à l'exception des trois sénateurs républicains modérés, l'opposition républicaine n'avait toujours pas désarmé dans les deux chambres.
"Le projet de loi qui est devant nous augmente le déficit de plus de 1.000 milliards de dollars", a déploré mercredi devant le Sénat, Charles Grassley, l'un des sénateurs républicains participant à la "conférence" bicamérale.
Mercredi, à l'ouverture de la séance du Sénat, le leader républicain Mitch McConnell était resté très critique vis-à-vis du plan et des dépenses prévues par l'administration Obama. Il a souligné que le coût du plan de relance devait être ajouté aux 400 milliards du budget 2009 voté prochainement, et aux centaines de milliards mobilisés dans le cadre du plan de sauvetage des banques.