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Débordé par la crise, le gouvernement espagnol montre les banques du doigt

Mercredi 04 Fév 2009 à 14:25

Débordé par l'ampleur de la crise économique et l'envolée du chômage, le gouvernement espagnol montre du doigt les banques, accusées d'aggraver la situation en ne rouvrant pas le robinet du crédit.

"La banque comme tête de turc", titrait mercredi le journal économique Expansion, au lendemain de la publication de chiffres du chômage calamiteux et d'une déclaration choc du ministre socialiste de l'Industrie, Miguel Sebastian.

"La patience du gouvernement vis-à-vis des banques est en train de s'épuiser", a lancé ce dernier après l'annonce de l'inscription de 200.000 chômeurs supplémentaires au cours du seul mois de janvier.

Les banques sont accusées de ne pas faire circuler le crédit et d'étrangler ainsi les petites et moyenne entreprises et les familles.

Le président des chambres de Commerce, Javier Gomez Navarro, a affirmé mercredi que 80% des PME qui se sont adressées aux banques ces trois derniers mois ont eu des problèmes pour obtenir des financements.

La situation passe d'autant plus mal que le gouvernement a pris des mesures pour fournir des liquidités aux banques, en prévoyant notament de leur racheter 30 milliards d'euros d'actifs immobiliers, en échange d'une promesse de relancer le crédit.

"Le gouvernement n'est pas en train de nous aider. Il est en train de relancer le marché interbancaire qui est bloqué depuis 18 mois et que nous ne pouvons débloquer seuls", s'est défendu sous couvert d'anonymat un banquier cité par le journal Cinco Dias. "Les lignes de liquidités du gouvernement ne sont pas gratuites, elles nous coûtent de l'argent", a-t-il ajouté.

Lundi, le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero avait reçu pendant près de trois heures les patrons des six principales banques du pays pour leur demander un "effort supplémentaire".

"Ce n'est pas le moment d'engranger de grands bénéfices mais de soutenir les familles par le crédit", avait-il averti la veille.

Les banques se défendent en assurant que les demandes de crédit ont baissé à cause de la crise, qu'elles ont dû, par prudence, renforcer les conditions d'emprunt et que les entreprises leur réclament souvent de l'argent non pour investir mais pour assurer leur trésorerie quotidienne.

Certains politiciens n'hésitent pas à parler de nationalisations. C'est "dans l'esprit de tous", a assuré une porte-parole régionale du parti socialiste au pouvoir Maria Ascension Murillo.

Rosa Diez, députée d'un nouveau parti centriste, a estimé mercredi que le gouvernement devait "entrer au capital" des banques: "d'autres pays ont acheté des actions. Ils ont assis un homme ou une femme du gouvernement au conseil d'administration pour contrôler l'argent et la destination des fonds" publics.

Les conservateurs du Parti populaire (PP), accusent eux le gouvernement de chercher un bouc émissaire. La porte-parole parlementaire du parti, Soraya Saenz de Santamaria, a estimé que le gouvernement avait commis une erreur en octroyant des fonds aux banques sans exiger de garanties: "D'abord on pose les conditions, et après on donne l'argent, pas l'inverse".

Mercredi, le numéro deux du Parti socialiste, José Blanco s'est efforcé de calmer le jeu après le pavé dans la mare du ministre de l'Industrie, assurant que le pouvoir a une "patience illimitée" envers les banques, "car c'est notre devoir de convaincre tout le monde et de ramer dans la même direction".

Message apparemment reçu par la banque BBVA, qui a annoncé qu'elle mettrait à disposition des PME 5,5 milliards d'euros de crédits.

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