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Le suicide d'Adolf Merckle conduit l'allemand HeidelbergCement à céder des actifs

Lundi 19 Jan 2009 à 11:43
Le suicide d'Adolf Merckle conduit l'allemand HeidelbergCement à céder des actifs
Les agences de notation ont ramené la note de HeidelbergCement en catégorie spéculative et indiqué que de nouvelles baisses de note étaient envisageables si la société ne se restructurait pas financièrement. Le groupe allemand estime qu'il bénéficiera de la hausse des dépenses dans les infrastructures qui devraient résulter des différents plans de relance mis au point par les gouvernements dans le monde. Goldman Sachs et les fonds américains de capital-investissement TPG et Bain Capital envisageraient de racheter ensemble une partie du capital d'HeidelbergCement. Adolf Merckle, 74 ans était la cinquième fortune d'Allemagne (l'une des cents premières mondiales) et l'un des artisans du miracle économique de l'Allemagne post seconde guerre mondiale. Un homme présenté comme sérieux, un modèle pour l'Allemagne. Adolf Merckle s'est couché sur les rails d'une voie de chemin de fer et a attendu le train ce 5 janvier 2009. Le drame s'est produit à Blaubeuren, bourgade de 12 000 habitants au sud-ouest de l'Allemagne où lui et son épouse habitaient une modeste villa. La popularité, les photos, l'étalage du luxe, tout ceci n'était pas leur apanage. Adolf Merckle conduisait lui-même sa Golf et prenait ses billets de train en seconde classe parce qu' « on arrive à la même heure en première ! ». Héritant en 1967 du groupe pharmaceutique de son père, à l'âge de 33 ans, Merckle n'aura cessé de développer son groupe. 1974 est le tournant avec le rachat de Rathiopharm qui lui permettra de déposer sur les étagères de salle de bain allemandes les boîtes de paracétamol. Sa spéculation sur les cours de Wolkswagen lui aura été fatale. Persuadé que le titre du constructeur allait chuter, il a été pris de cours lorsque Porsche s'est manifestée de manière imprévue. Il perd alors plusieurs centaines de millions d'euros qui vont mettre à mal son groupe. Lui, son sérieux et sa réputation se retrouvent ridiculisés sur la place publique : on le compare volontiers à un vulgaire boursicoteur, les médias se déchaînent. Fâché avec ses fils qu'il avait nommés puis radiés de la tête du groupe, il va même jusqu'à demander à l'un d'eux de revenir sur son héritage pour apporter une caution financière aux banques. Refus du fils... Adolf Merckle aura cependant réussi à sauver son groupe après de longues négociations avec les banques. Le prix à payer étant la vente de sa fierté, Rathiopharm, pour renflouer le groupe et obtenir un crédit de 400 millions d'euros. L'autre prix à payer sera le départ de la famille de la gestion du groupe, la goutte de trop pour Merckle, diront certains.
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