Le titre Merrill Lynch s'accorde 10,89% à 14,48 dollars vers 17h à Wall Street, profitant de la vague haussière que connaissent les valeurs bancaires aujourd'hui. Les investisseurs ne semblent pas s'inquiéter de la polémique qui agite le dossier aujourd'hui, ni du rendez-vous très attendu entre John Thain, le CEO de Merrill, et le conseil d'administration. Le patron de la banque d'affaires aurait en effet demandé aux membres du conseil de la banque de lui attribuer un bonus de 10 millions de dollars selon le Wall Street Journal.
Le comité des rémunérations de l'entreprise, de son côté, freinerait des quatre fers, peu enclin à verser une telle somme, d'après les mêmes sources. Le patron de la banque d'investissement doit s'expliquer aujourd'hui devant le comité et le conseil d'administration au complet concernant cette demande. Selon les informations du Wall Street Journal, aucune décision n'a été prise pour l'instant, mais le comité des rémunérations semble fermement décidé à refuser la requête de M. Thain. D'autres cadres dirigeants pourraient également se voir refuser des bonus, selon les mêmes sources.
Cette année, Merrill Lynch a enregistré une perte nette de 11,67 milliards de dollars. L'acquisition de la banque d'investissement par Bank of America s'apprête à être finalisée après que les actionnaires des deux compagnies ont approuvé le deal vendredi. John Thain estime mériter un bonus car il a, selon lui, évité à l'entreprise une crise beaucoup plus grave et une faillite éventuelle.
Mais tout le monde ne partage pas cette opinion, et les membres du comité de rémunération estiment qu'il faut prendre en compte l'hostilité du grand public concernant le versement de primes juteuses aux patrons de banques. D'autant que certains font le rapprochement entre Merrill Lynch et Goldman Sachs, une autre banque d'investissement américaine, qui a connu des performances supérieures à celles de son concurrent tout en restant indépendante. Or, Goldman a décidé de ne pas accorder de bonus à ses dirigeants…
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Finance - Banques
Le paysage bancaire mondial est en pleine reconfiguration. Les banques qui résistent le mieux à la crise, sont à l'aff-t d'opportunités pour consolider leur position. En Angleterre, très affectée par la crise financière, la banque HBOS, numéro un du crédit immobilier, a été reprise par Lloyds TSB, cinquième banque du pays pour 12,2 milliards de livres (environ 15,5 milliards d'euros). Cette opération devrait créer un géant national du crédit immobilier et de l'épargne, détenant près de 28% du marché britannique des prêts immobiliers. En Allemagne également le marché bancaire se consolide. Deutsche Bank a annoncé son entrée au capital de Postbank à hauteur de 29,75%. Auparavant, Commerzbank avait racheté Dresdner Bank. La deuxième banque privée du pays double ainsi de taille. Les Etats-Unis ne sont pas en reste. Merrill Lynch a été reprise par la première banque américaine, Bank of America. Quant à JPMorgan Chase, elle devient la deuxième banque commerciale américaine grâce à l'acquisition de Washington Mutual.