Les marchés actions européens évoluent en net recul au lendemain de la victoire de Barack Obama lors de l'élection présidentielle américaine, victimes de prises de bénéfices après plusieurs séances de hausse. A Paris, le CAC 40 est fortement pénalisé par Arcelor Mittal, qui doit revoir sa production à la baisse après la chute de la demande mondiale d'acier. Cet après-midi, les investisseurs seront attentifs à l'enquête ADP sur l'emploi privé au mois d'octobre aux Etats-Unis. A 12h30, l'indice CAC 40 cède 2,23% à 3608,64 points. L'indice FTSE Eurofirst 80 perd 1,47% à 3444,06 points.
Credit Suisse a réduit son objectif de cours sur Adidas (-4,84% à 28,90 euros) de 60 à 40 euros, en maintenant sa recommandation Surperformance. Le broker s'attend à une dégradation des marchés russes et chinois. Cependant, il estime qu'Adidas a le meilleur business model en temps de crise et que la valorisation du titre est désormais attractive.
ArcelorMittal (-11,67% à 21,64 euros) dévisse. Le premier sidérurgiste du monde est frappé de plein fouet par le ralentissement économique mondial qui a considérablement réduit la demande d'acier, y compris en provenance des pays émergents. Pour surmonter la crise, le patron Laskmi Mittal tranche dans le vif. Fini la stratégie d'expansion tous azimuts mise en route à l'issue du rachat d'Arcelor : place aux économies, fussent-elles drastiques. Le groupe a relevé à cinq milliards de dollars son plan d'économies et annoncé une réduction de 30% de sa production, contre 15% initialement prévu.
Total cède 3,36% à 43 euros à la Bourse de Paris. Les bons résultats publiés ce matin par le groupe semblent passer au second rang derrière l'absence de perspective de production, la baisse du marché pétrolier et plus globalement le repli de la demande de brut lié au ralentissement économique mondial. A l'instar de ses consoeur européennes, BP, Shell ou Eni, la major a profité de l'envolée des cours de l'or noir et du rebond des marges de raffinage. Face à la crise, Total a mis en avant sa solidité financière, garante d'une croissance toujours "compétitive" du dividende".
Les chiffres macroéconomiques
Les ventes au détail ont reculé de 0,2% en septembre dans la zone euro, après une hausse de 0,3% en août, selon les chiffres publiés par Eurostat. Le consensus tablait sur un recul de 0,4%.
Aux Etats-Unis, l'enquête ADP sur l'emploi privé au mois d'octobre sera dévoilée à 14h15. L'indice des directeurs d'achat dans le secteur des services pour le mois d'octobre sera publié à 16h.
Sur le marché des changes, l'euro cote 1,2820 face au dollar.
EN SAVOIR PLUS
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Biens de consommation
La Commission européenne a revu à la baisse sa prévision de croissance pour les 27 pays européens pour 2008. Du fait de la crise financière américaine, d'un prix du baril de pétrole qui reste cher et de l'inflation, qui devrait s'établir à 3,8% cette année, cette croissance ne serait plus de 2% mais seulement de 1,4%. Ce taux devrait être également revu significativement à la baisse pour 2009. La croissance française devrait atteindre 1%, contre 1,6% attendu au printemps dernier. Ce taux serait inférieur à ceux de l'Allemagne, du Royaume-Uni, et de l'Espagne. En cause, le déclin de l'investissement et la détérioration du commerce extérieur. L'ocde (Organisation de coopération et de développement économiques) a également revu à la baisse ses prévisions pour l'Europe en 2008. La croissance n'est plus de 1,7% mais de 1,3% pour la zone euro. Au sein de cette zone, la révision la plus élevée concerne la France dont la croissance a été abaissée à 1% pour 2008 (contre une estimation précédente de 1,8%). Le gouvernement français rejoint ces prévisions et table également sur une croissance de 1% pour cette année.