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François Fillon et les ministres de Bercy au chevet de la croissance

Lundi 18 Aoû 2008 à 08:27

Le Premier ministre François Fillon a affirmé lundi que la France n'a vait "pas besoin d'un plan de relance, qui serait un plan de relance artificiel".

"Nous n'avons pas besoin d'un plan de relance, qui serait un plan de relance artificiel", a-t-il déclaré, plaidant pour des "réformes de structure".

Selon M. Fillon, il "n'est pas raisonnable de parler de récession" et l'année 2008 sera celle d'une "croissance positive" en France.

M. Fillon s'exprimait lors d'un point de presse à l'issue d'une réunion a Matignon avec les ministres chargés de l'économie, convoquée suite à l'annonce d'une baisse du produit intérieur brut de 0,3% au deuxième trimestre.

Christine Lagarde (Economie), Eric Woerth (Budget), Luc Chatel (Consommation), Laurent Wauquiez (Emploi), Anne-Marie Idrac (Commerce extérieur) et Hervé Novelli (PME) assistaient à la réunion aux côtés de François Fillon.

Les ministres doivent, selon le communiqué, "analyser les causes" de la dégradation de la conjoncture internationale et "identifier les réponses qui devront y être apportées".

L'enjeu est d'éloigner le spectre d'une récession, qui serait théoriquement avérée si le PIB reculait encore au 3e trimestre.

"Eric Woerth va faire un point sur la situation des finances publiques, sur les tendances qui sont les nôtres, et sur la préparation du budget 2009", a indiqué lundi sur BFM Luc Chatel.

La marge de manoeuvre budgétaire est plus que réduite, notamment après le vote en 2007 du paquet fiscal.

Sur RTL, l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius a de nouveau reproché lundi au président Nicolas Sarkozy d'avoir "gaspillé tous nos moyens" avec cette loi dont le coût avoisine 13 milliards en année pleine.

Selon les analystes, les effets du paquet fiscal et des autres réformes structurelles déjà engagées, notamment la loi de modernisation de l'économie adoptée avant les vacances, ne devraient pas se faire sentir avant 2009 ou 2010.

Pas question pour autant de ralentir le programme des réformes, promet le gouvernement. Les difficultés, selon Luc Chatel, sont plutôt une "raison de plus pour mettre en place des réformes".

Et si l'objectif de réduire les dépenses demeure affiché, il n'est toujours pas question non plus de rigueur, à en croire M. Chatel, car "ce serait asphyxier l'économie au moment où elle n'en a pas franchement besoin".

Enfin, l'exécutif devrait maintenir dans l'immédiat sa prévision de croissance de 1,7 à 2% pour 2008, à rebours de la plupart des économistes, qui redoutent un chiffre plus proche de 1%. Mme Lagarde a toutefois concédé qu'une révision pourrait intervenir fin septembre, lors de la présentation du projet de budget 2009.

S'il veut montrer lundi qu'il prend la mesure de la crise, le gouvernement espère aussi rassurer.

Mme Lagarde a ainsi souligné la semaine dernière que "les facteurs extérieurs -pétrole, inflation, change- étaient en train de se réorienter complètement en faveur de la croissance". Matignon a pointé de son côté les bons chiffres du crédit aux entreprises et des créations d'entreprises.

François Fillon doit aussi évoquer, selon son entourage, la piste qu'il avait lancée en juin d'une contribution de l'Etat aux frais de déplacement des salariés. Mais ce sujet n'aboutira pas avant au plus tôt la mi-septembre, l'échéance donnée aux partenaires sociaux pour transmettre des propositions à l'Etat.

La France, présidente en exercice de l'Union européenne, devrait enfin s'efforcer de porter le débat de politique économique et budgétaire au niveau communautaire, alors que le PIB de la zone euro, en particulier, a reculé de 0,2% au deuxième trimestre.

Le Premier ministre devrait lancer la réflexion lundi, avant une possible initiative française au prochain sommet des ministres des Finances de l'UE, le 12 septembre à Nice.

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