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Le gouvernement allemand prépare un plan d'urgence pour le secteur bancaire

Samedi 11 Oct. à 21:30 | Actu Eco/Social

Le gouvernement allemand préparait samedi un plan d'urgence pour aider le secteur financier qui prévoirait selon des informations de presse l'apport aux banques de garanties et de capital public.

Le ministre des Finances Peer Steinbrück a annoncé vendredi depuis Washington que l'Allemagne était en train de finaliser des mesures nationales pour soutenir le secteur bancaire face à la crise qui ébranle les marchés internationaux.

"L'objectif du gouvernement est d'approuver aussi rapidement que possible les lois nécessaires et ainsi de contribuer à une accalmie des marchés", a dit un représentant du gouvernement allemand au Handelsblatt.

La chancelière allemande Angela Merkel devrait détailler le plan dimanche à l'issue d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Eurogroupe à Paris, d'après cette source.

Ce plan devrait être approuvé dès lundi en conseil des ministres pour être soumis dès la semaine à venir au parlement, selon une information du quotidien Handelsblatt diffusée samedi.

Selon plusieurs journaux (Die Welt, Spiegel et Handelsblatt), l'Etat pourrait garantir les prêts de banque à banque pour un montant de plusieurs centaines de milliards d'euros et renflouer les banques en échange de participations dans leur capital, un plan qui ressemble fortement à celui annoncé par Londres mercredi.

Les experts en évaluent le coût entre 300 et 400 milliards d'euros, selon des sources proches du gouvernement citées par le Handelsblatt.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole du gouvernement a affirmé que "les détails" du plan n'étaient pas encore "fixés" et que "différentes Option s sont en cours d'examen".

C'est une volte-face que le gouvernement allemand s'apprête ainsi à effectuer, avec un plan global pour le secteur bancaire.

Accusée d'avoir fait cavalier seul au début de la crise, en rejetant notamment l'idée d'un plan d'action européen, l'Allemagne manifeste une plus grande volonté de coordination avec ses partenaires européens.

La chancelière Angela Merkel retrouvera dimanche ses homologues de l'Eurogroupe --les pays qui ont adopté l'euro-- à Paris. Elle a eu samedi une réunion de travail avec le président français Nicolas Sarkozy qui a insisté sur leur coordination étroite.

"Toutes les décisions, toutes les préparations, toutes les analyses, nous les faisons ensemble", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse commune à Colombey-les-Deux-Eglises (est de la France).

L'Allemagne veut travailler en phase avec les autres membres du G7 --Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon-- pour faire face à la crise.

Les Sept se sont engagés à aider leurs banques à lever des capitaux auprès des secteurs public et privé et à apporter des garanties "robustes et cohérentes" aux dépôts des épargnants. Berlin a déjà garanti de manière illimitée l'épargne des particuliers.

A Washington vendredi, le président de la Bundesbank Axel Weber, cité sur le site Spiegel-Online, a estimé désormais envisageable "une re-capitalisation provisoire d'instituts sur le modèle de la Grande-Bretagne, voire une prise de participations par l'Etat".

Cette dernière Option est évaluée par les experts du gouvernement entre 50 et 100 milliards d'euros, selon le Spiegel.

Mais évoquer d'éventuelles "nationalisations" bancaires, même très partielles, semblait tabou samedi à Berlin. Jeudi soir, la chancelière Angela Merkel (CDU) avait concédé ne pouvoir "exclure définitivement" cette hypothèse.

Le chef du groupe parlementaire CDU au Bundestag, Volker Kauder, a toutefois assuré que ce qu'envisageait Berlin, "ce n'est pas une nationalisation mais une aide de l'Etat qui aide les citoyens", dans une interview à paraître dimanche.

M. Kauder a confirmé que les députés seraient saisis de mesures "cette semaine". Son adjoint Michael Meister a, lui, évoqué l' Option de nationalisations "en dernier recours".

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